L'avenir de la réalité augmentée en extérieur

Il est difficile d’envisager concrètement quelles applications de la RA seront utilisées dans la prochaine décennie, néanmoins nous allons voir aujourd’hui vers quoi celles-ci s’orientent et des problèmes de sociétés qu’elle pourrait causer.


L’un des débats majeurs existe déjà, il concerne la vie privée. Actuellement, des campagnes de sensibilisations sont mises en place pour que les gens prennent conscience de l’importance de gérer leur identité virtuelle, notamment vis-à-vis des jeunes qui ne s’en soucient guère tant que la gratuité est présente. Il est fort probable que ces campagnes gagnent en activité, dû au fait que les lois ne sont pas identiques d’un pays à l’autre. C’est d’ailleurs l’une des problématiques posées par Facebook : les informations sur la vie privée peuvent être collectées grâce au fait que les serveurs ne se situent non pas en France -qui interdirait cela- mais aux Etats-Unis. Tant qu’une harmonisation mondiale de la législation n’aura pas été mise en place, il est fort probable que ces problèmes persistent et gagnent en intensité à cause des applications de la réalité augmentée.


trouver des informations sur une personnes
Illustration de ces possibles dérives, une entreprise suédoise, The Astonishing Tribe, développe actuellement une
application pour identifier des personnes inconnues. Le concept est simple : il suffit de sortir son téléphone et de pointer la caméra sur la personne à identifier. Le logiciel de reconnaissance faciale crée alors un modèle 3D de la personne et l’envoie au serveur qui le compare à ceux présents dans la base de données. Un système de cloud computing permet l’identification de la personne et renvoie le nom de la personne ainsi que des liens vers les réseaux sociaux partagés par l’utilisateur, voire son numéro de téléphone. Pour que l’identification puisse être réalisée, il faut que l’utilisateur à identifier se soit inscrit en indiquant le type de données qu’il souhaitait partager. En apparence donc, la vie privée de ceux ne souhaitant pas être identifiés est préservé. Cependant, rien n’empêche une autre personne de nous inscrire, de renseigner notre numéro de téléphone... A force de vouloir disposer d’informations sur tout et tout le monde, il deviendra difficile de protéger sa vie privée, à moins de rester extrêmement vigilant.


Un autre souci qui pourrait apparaître est la crainte de voir une fracture générationnelle se former. En effet, nous devenons de plus en plus dépendants à la technologie. Schématiquement, cela peut donner naissance à une sorte de conflit entre générations : les “anciens” sont plus réticents aux changements que les “jeunes”, qui sont particulièrement intéressés par toutes les dernières innovations. Les “anciens” qualifieraient ainsi les nouvelles technologies de superflues, tandis que les “jeunes” y verraient une évolution naturelle de celles-ci. Néanmoins, cela ne posera probablement aucun problème. D’une part parce qu’en fin de compte, cela s’est toujours déroulé ainsi dans tous les domaines innovants (Le rock’n’roll était à l’origine décrié par les amateurs de musique classique...). D’autre part parce qu’une partie de la population montre un intérêt grandissant envers ces innovations, aussi bien un intérêt pratique que pour le plaisir de les expérimenter. Enfin, les intérêts économiques vont permettre d’accélérer le développement d’applications innovantes.


D’autre part, on peut se demander si cette déferlante d’informations n’est pas symptomatique d’une forme de dépendance à l’information. Avec Internet, un flot d’informations est disponible en permanence et le développement de la réalité augmentée accompagne cette déferlante de données. Le problème étant que ces données brutes risquent de créer un trop plein d’informations et par la même occasion de vider l’information de son sens. En effet, si on peut tout savoir sur tout et sur tout le monde, ne risque-t-on pas d’assister à une certaine perte de valeur de l’information? Sans contrôle de la pertinence et de la valeur de ces informations, il sera difficile de s’y retrouver.



Malgré le fait que la réalité augmentée touche quelques points sensibles, elle n’en est pas l’instigatrice principale : par exemple, le problème de la vie privée touche Internet dans sa globalité, la réalité augmentée n’en est qu’un vecteur. Assurément, elle nous réserve bien des surprises, des bonnes comme des mauvaises. Des techniques se mettent en place pour le traitement des verres pour rendre les dispositifs de réalité augmentée bien plus portatifs (ce fut l’une des raisons vu il y a deux semaines concernant la non-mise en place de système Head-Up Display sur les pare-brises). Personnellement, nous imaginons bien que nous évoluerons dans un monde avec des panneaux publicitaires vierges et que nous serons équipés de lunettes high-tech permettant de faire apparaitre des publicités en réalité augmentée, qui ne seraient bien entendu pas diffusées au hasard mais en fonction des lieux où nous allons régulièrement et de ce que nous achetons, grâce à un système de cookies pour nos lunettes. Cette fois-ci, le navigateur, ce sera nous.

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