Le scepticisme vis à vis des nouvelles technologies.

Lors de nos posts précédents, nous avons montré que Google modifie effectivement notre façon de penser, et que de nombreuses études scientifiques réalisées suite à l'article de Nicholas Carr sont parvenues à le démontrer. Partant de ceci, il est logique qu'ils y aient de nombreuses réactions qui concordent avec le titre de l'article de Nicholas Carr. En fait, ce n'est pas tant Google qu'elles visent, mais plutôt Internet en général, et toutes les possibilités qu'il offre.

Pour Daniel Hillis, les nouvelles technologies font que nous sommes connectés à une beaucoup plus grande partie du monde que nous ne l'étions auparavant, de par ce fait, nous sommes tenus d'en savoir plus car la masse d'informations est plus grande, plus complexe. Notre mémoire étant naturellement limitée, nous ne pouvons pas emmagasiner indéfiniment des données, les ordinateurs le font très bien pour nous, nous devons donc nous contenter de mémoriser des bribes parcellaires d'informations, et d'avoir recours à ces derniers pour pouvoir approfondir nos connaissances. Ce phénomène est renforcé par le fait, que dans les sociétés occidentales modernes, nous disposons d'un panel de choix auquel nous n'avions pas accès dans un passé pas si lointain. En effet, le développement des libertés, fait que nous sommes amenés à prendre des décisions que la société aurait prises pour nous. Il nous est ainsi nécessaire de connaître une foule de choses pour pouvoir progresser dans la vie et ne serait-ce que pour effectuer notre devoir de citoyen. Il va même plus loins quand il déclare que "notre survie dépend d'une connaissance intime de notre environnement", celui-ci ayant tellement augmenté, nous sommes obligés de devenir "plus intelligents". Nous ne pouvons bien entendu pas le faire, les hommes ne suivant pas la loi de Moore. Internet n'est donc qu'un moyen d'accroitre notre environnement, conduisant à accroître notre relatif manque d'intelligence, mais il est aussi une méthode permettant de pallier à celui-ci en autorisant l'accès à une manne d'informations.

D'autres réactions sont encore plus virulentes, pour certains, Internet ne se contente pas d'élargir le champs d'informations dont nous disposons, nous conduisant à ne pas pouvoir les mémoriser toutes, il a réellement un effet sur notre capacité intellectuelle. Wen Stephenson est un de ces sceptiques. Dans un article intitulé The Internet ate my brain, il s'attache à défendre l'idée véhiculée par le titre de l'article de Nicholas Carr, tout en mettant en parallèle l'article Is google making us stupid, et le livre The Shallows, que M.Carr a écrit suite à cet article et qui a été édité en 2010. Wen Stephenson cite même Sven Birkets qui dès 1994, dans son livre intitulé “The Gutenberg Elegies: The Fate of Reading in an Electronic Age,’’ avait tiré la sonnette d'alarme sur les effets intellectuels et culturels des nouveaux médias, alors qu'internet n'en était qu'à ses balbutiements, du moins dans sa version grand public. On voit donc, que si l'article de Nicholas Carr à fait l'effet d'une bombe, la critique n'était pas si novatrice. Wen Stephenson va beaucoup plus loin que M.Carr; il suggère en effet que nous pouvons mettre en place une sorte de résistance vis à vis des nouveaux médias en en limitant notre utilisation au maximum. Le fait qu'il parle de "rejoindre la résistance" est profondément révélateur de sa pensée, c'est en effet un terme extrèmement fort, qui suggère que Internet est un ennemi.

Il y a nombre d'autres réactions qui suggèrent que comme l'indique le titre de l'article de Nicholas Carr, l'utilisation d'internet semble réduire nos capacités intellectuelles. Nous nous sommes éfforcés de nous appuyer sur celles qui nous semblaient plus approfondies que la moyenne, et qui illustrent bien la façon de pensée globale de ces "résistants".


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