Green IT : Gérez la consommation d'énergie de vos systèmes informatiques

Cet article sera intégralement dédié à la présentation du livre Green IT : Gérez la consommation d'énergie de vos systèmes informatiques d’Olivier PHILIPPOT. Il constitue un bref résumé de son contenu et nous ne pouvons que vous encouragez à en faire l’acquisition pour approfondir le sujet.

En 2009, selon le rapport DETIC, les technologies de l’information et de la communication ont consommé 60 TWh, représentant 13,5 % de la facture électrique française. De plus, cette consommation croît très fortement et pose un problème écologique majeur, lié à la production de l’énergie nécessaire.

Les rapports Meadows (1972 - traduit en français par « Halte à la croissance ») et Facteur 4 (1996) du Club de Rome proposent une solution simple : réduire la consommation d’énergie. Il est en effet plus rentable d’économiser de l’énergie que de la produire. Par exemple, 1 kWh informatique utile économisé sur un ordinateur, c’est de 15 à 60 kWh d’énergie primaire.

La première façon de mettre fin au gaspillage est de dimensionner convenablement le parc informatique. Bien souvent, les ordinateurs restent allumés de façon constante sans être utilisés, tout comme les imprimantes (il est facile de s’en rendre compte à Centrale). Selon une étude Enertech pour l’ADEME, sur la totalité des imprimantes laser auditées, plus de 60 % sont toujours activées. De surcroît, beaucoup de sociétés laissent tourner leur parc informatique la nuit et les week-ends comme l’a montré une étude faite en 2004 (After-hours Power Status of Office Equipment and Inventory of Miscellaneous Plug-Load Equipment - Berkeley National Laboratory - Janvier 2004) .

Un autre point à prendre en compte et plus surprenant est la consommation importante lorsque l’ordinateur est éteint mais toujours branché : elle est en moyenne de 117 kWh/an.(Étude Enertech pour l’ADEME vue précédemment).

Naturellement, le principal frein aux avancées dans le domaine de l’informatique verte est bien entendu l’utilisateur : habitudes, mauvaise compréhension des architectures réseaux ou de l’ordinateur sont autant de points qui empêchent la mise en place d’une gestion cohérente des économies d’énergie. Au niveau supérieur, les sociétés sont également responsables en ne sensibilisant pas assez leurs employés sur les moyens pourtant simples pour aider l’entreprise à alléger sa facture énergétique. Enfin, pour une réelle efficacité, les gouvernement doivent mettre en place des mesures visant à favoriser les comportements « verts » en mettant à disposition des documents et en encourageant les entreprises par la perspective des réductions des factures d’électricité. Cet élément jouera un rôle d’autant plus conséquent, au vue des hausses annoncées des prix de l’énergie pour les années à venir.

De nombreuses méthodes sont alors disponibles. Ainsi, le renouvellement du parc informatique s’il est possible et pertinent (il s’agit de prendre en compte également le recyclage du matériel usagé) et grâce à l’évolution des systèmes d’exploitation aussi bien que des processeurs sont des moyens d’action liés aux avancées technologiques. Des logiciels sont également à disposition et permettent de réduire de façon conséquente la consommation de l’équipement informatique.

Afin de répondre au mieux au besoin, des entretiens ou des sondages comme nous en avons menés lors des articles précédents peuvent permettre de connaître au mieux le besoin énergétique réel. Il existe également des sociétés spécialisées dans l’audit énergétique telles que Terra Nova, Aergy ou Neoditel.

Si cela est trop complexe ou trop coûteux, un inventaire complet du parc informatique, associé à une grille de consommation moyenne ou des formules disponibles sur Internet permettent déjà d’avoir une idée assez juste de la situation. Afin d’ajouter de la précision au calcul tout en maintenant des coûts d’études réduits, on peut installer des wattmètres qui vont mesurer la puissance consommée par le matériel.

L’auteur préconise alors la mise en place d’une politique énergétique, expliquant le but de l’action tout en restant simple, succincte et cherchant à impliquer au maximum l’utilisateur final au processus d’économie d’énergie. Ainsi, une telle politique a été mise en place chez Vodafone en Grèce et a permis d’économiser 1 million d’euros sur la facture énergétique (pas seulement informatique). En France, l’État met en place des actions et des aides pour le PME pour soutenir l’informatique verte. Ces actions seront d’autant efficaces que l’on pourra évaluer les gains potentiels.

En conclusion, les utilisateurs n’ont pas encore pour la plupart des comportements conformes à l’informatique verte. Dans le passé, cela était principalement lié à des contraintes technologiques et organisationnelles, mais les progrès constatés ne justifient plus une telle aberration. Les sociétés doivent ainsi réaliser un inventaire associé à un audit des consommations. Elles pourront alors estimer les gains réalisables et mettre en place une politique énergétique. Dans l’idéal un responsable ou une équipe entière seront dédiés à l’informatique verte dans l’entreprise.

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